Image 9,5/10|Son 9,5/10
IMAGE : 9,5/10
Issu d’une captation 6K (et 1K upscalée par IA en 4K pour les magnifiques séquences en vision nocturne), ce transfert UHD HDR10 respecte chirurgicalement la glaçante photographie « vérité » de Łukasz Żal qui se voit assombrie pour accentuer la discordance entre le cadre de vie bucolique de la famille Höss et l’horreur nazie vécue juste à côté. Avec un bitrate moyen de 75.17 Mbps, la compression sait se faire discrète à l’exception de (seulement) deux plans où la pénombre fourmille.
D’une lisibilité à toute épreuve, l’image superbement résolue (les éléments du cadre 1.78 y gagnent en finesse) affiche un piqué particulièrement acéré (à la limite de l’agressif par endroits) sur toute la profondeur de champ. La palette colorimétrique à l’étalonnage neutre plus ou moins désaturé, qui délivre des teintes globalement éteintes (il faut dire que le ciel est couvert) et une carnation blafarde, tire profit d’une verdure plus marquée et de nuits aux reflets rougeoyants accrus. Quant aux contrastes naturalistes, tout sauf démonstratifs, ils témoignent d’une densité plus grande qu’en SDR avec des noirs plus lugubres et des éclairages plus nuancés (la lumière du jour, les ampoules d’époque). Il est à noter que les prises de vue en infrarouge dispensent des blancs dont la mémorable incandescence n’est qu’effleurée en Blu-ray.
SON : 9,5/10
i le mixage Dolby Atmos restera une exclusivité américaine via l’éditeur A24, la présente VO DTS-HD MA 5.1 (piste 2.0 non testée) ne démérite en rien puisque l’absence de tout sensationnalisme et sa propension à se cantonner à un espace monophonique ne font aucunement regretter son absence.
Car répartie sur deux zones bien distinctes qui jamais n’interfèrent (le train-train quotidien de la famille Höss et les horreurs d’Auschwitz en hors-champ), l’ingénieuse conception sonore de Johnnie Burn a été volontairement réduite par ce dernier pour que les dialogues, toujours clairs, et la majeure partie des effets sonores (domestiques ou horrifiques) se concentrent sur le canal central. De fait, les enceintes latérales et arrières qui sont fortement limitées (quelques ambiances champêtres) ne s’entendent véritablement que lors des deux génériques.
Atmosphérique au possible et jouant des dissonances dans l’étrangeté de l’angoissante musique de Micachu, elle fait montre d’une dynamique peu commune dans les sons de la vie courante (comme l’entretien) et d’une limpidité remarquable dans les bruits atroces émanant du camp (les coups de feu, les cris des prisonniers, les sirènes d’alarme). Venant en permanence renforcer le malaise ambiant, le canal LFE propage des basses sinistres (cf. les ronflements des fours crématoires).
Moins vivante à l’avant mais pourvue d’un doublage parfaitement intégré, la VF elle aussi proposée en DTS-HD MA 5.1 (et en 2.0) est autrement moins immersive puisque privée de l’authenticité linguistique de la bande-son allemande.
À titre indicatif, 🐺 le loup celeste a donné une note artistique de 9,5/10 à ce titre.
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